Rêveur, passionné, sensible, par moment incompris, tel était Roberto Baggio, un footballeur romantique qui privilégiait le lyrisme dans son jeu plutôt que la rigueur et la discipline extrême.
« Il divin codino », un surnom que tous les amateurs de football des 90’s ont en tête pour ce joueur d’exception. Lorsque l’on pense à Baggio, on se souvient bien trop souvent de son penalty s’envolant dans le ciel de Pasadena durant le mondial 94 aux États-Unis. Or, cet artiste ne se résume pas à un tir au but manqué. Il était un représentant d’un style de jeu romantique qui se fait de plus en plus rare en particulier chez les « numéros 10 ».

Tout comme un Juan Roman Riquelme ou un Francesco Totti, ce ne sont pas les titres que l’on a envie de retenir avec Baggio mais plutôt la manière avec laquelle il a brillé sur les terrains. Dès qu’il avait le ballon dans les pieds, on attendait l’étincelle, le geste ou l’action qui allait créer l’émotion, car avec un romantique tout est une question d’amour et d’émotion pure. Malgré les pépins physiques, il incarnait cette envie d’être sur le terrain afin de prendre du plaisir et de ressentir à travers un dribble, une passe décisive ou un but ces sensations uniques que seul ce sport peut lui procurer. L’italien était l’illustration de ce désir ardent de vouloir toujours jouer au football. Baggio c’était aussi une gueule, un look que l’on remarquait dès le premier coup d’œil. Ce genre de queue de cheval que l’on n’avait jamais vu jusqu’alors, ce bouc et cette boucle d’oreille de pirate, autant d’éléments qui attiraient les regards. Caractéristiques communes de beaucoup d’artistes.

Numéro dix, neuf et demi, peu importe son poste, son talent lyrique se manifestait. Passeur, buteur, instinctif, pouvoir d’accélération, technique au-dessus du lot, élégance naturelle, impeccable sur coup de pied arrêté, sang-froid devant les buts, il sentait littéralement le jeu. L’ancien numéro dix italien nous rappelait que le football c’est d’abord la beauté du jeu que lui-même symbolisait. Créations, compositions et interprétations de partitions qui faisaient lever les foules et convertissaient les novices en adeptes du ballon rond.

À une époque où le pragmatisme semble gouverner le jeu, on aime se remémorer le génie de l’ancien ballon d’or. Certes, le talent est toujours là, il suffit de regarder un match de Lionel Messi ou Neymar pour le constater. Mais la raison est trop importante et les statistiques sont devenues une obsession. Les vrais joueurs romantiques sont presque en voie d’extinction, négligés, laissés sur le côté. Cependant, les fans de ce style de joueurs ne doivent pas perdre espoir. Nous pouvons tout de même aujourd’hui apprécier les caresses de balle de Javier Pastore ou les coups de patte « à l’ancienne » du prodigieux Isco. D’autres jeunes joueurs se révéleront afin d’entretenir la flamme du romantisme et par la même occasion celle du magnifique Roberto Baggio.

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